D’après les correspondances et travaux de Guy Favand, Vice-Président de l’ONG

Face à la surchauffe, qu’est-ce qu’on attend ?
D’après les correspondances et travaux de Guy Favand, Vice-Président de l’ONG.
L’enfer du béton : Quand nos modes de vie deviennent insupportables ….
Morphy, Pointe-Noire, Guadeloupe. Depuis des semaines, une chaleur torride écrase la région. Les mesures sur le terrain de notre vice-président, Guy Favand, sont sans appel : un simple thermomètre laser infrarouge braqué sur un sol en béton gris clair,en plein soleil à 13h30 (bien avant le pic maximal d’irradiation), affiche un score effrayant de 66°C. À ce niveau, la température au sol et celle de l’air qui en découle devient tout simplement insupportable pour le corps humain. Et ce n’est qu’un début, le bitume des routes nous réservant des mesures probablement encore plus extrêmes. Pourtant, face à cette surchauffe climatique globale, nous continuons d’alimenter le cercle vicieux de l’ignorance énergétique. Il suffit de regarder autour de nous : des toitures rouges, foncées, et parfois même des tôles noires.
Vivre sous ces structures impose l’usage massif de la climatisation. Or, que fait une clim ? Elle rafraîchit l’intérieur en agissant comme un véritable générateur d’air chaud à l’extérieur. Un non-sens absolu dont nos îles n’ont vraiment pas besoin.
La solution immédiate : Pensez couleurs très claires !

La physique ne ment pas, et l’expérience acquise sur le terrain depuis plus de 20 ans par Guy Favand le prouve : la couleur est notre première arme passive contre la chaleur. En appliquant simplement une laque blanche glycéro brillante (en deux couches) sur les toitures, l’impact est immédiat.
Le gain : c’est au minimum 3°C de moins garantis à l’intérieur de la maison.
Le coût : un investissement limité, une réalisation à la portée de tous, et un excellent moyen de protéger et d’entretenir les tôles.
Le bilan : du confort gagné sans consommer la moindre miette d’énergie, et sans rejeter de chaleur chez le voisin.

Sortir du piège des fossiles : Le Biogaz, une alternative citoyenne
Cette surchauffe climatique est le fruit direct de notre dépendance aux énergies fossiles. À ce sujet, notre vice-président nous invite à corriger d’urgence un abus de langage sémantique: le « gaz naturel » n’existe pas, c’est du gaz fossile liquéfié.
Les « pétroleurs » leurrent les consommateurs avec l’appellation « naturel » pour verdir leur image, alors que nous subissons de plein fouet des chocs gaziers et pétroliers à répétition.
Pourtant, une alternative simple, décentralisée et particulièrement adaptée aux pays chauds (où la hausse des températures accélère les processus biologiques) existe : le Biogaz.
« Qu’est-ce qu’on attend » pour valoriser nos propres ressources ?
Des travaux de recherche appliquée, menés par Guy Favand avec ses étudiants, notamment lors d’ateliers à l’INRA de Duclos, démontrent l’efficacité de la méthanisation individuelle contrôlée. Produire son propre biogaz à la ferme ou à l’échelle locale offre des avantages colossaux :

  1. Zéro dépendance : Plus de cotation mondiale spéculative, plus de ballets de méthaniers polluants.
  2. Double valorisation : Nous transformons nos déchets fermentés cibles en énergie de combustion utile, au lieu de les laisser se dégrader à l’air libre.
  3. Bouclier climatique : Les déchets abandonnés libèrent naturellement du méthane, un gaz à effet de serre (GES) extrêmement puissant. En le capturant pour le brûler, on réduit drastiquement notre empreinte carbone.
    Agir ici et maintenant
    Qu’il s’agisse de peindre nos toits en blanc pour stopper la surchauffe immédiate ou de déployer des micro-méthaniseurs pour gérer nos déchets et notre énergie, les solutions existent. Elles ne demandent ni technologies futuristes, ni capitaux
    pharaoniques, mais simplement du bon sens et une volonté politique et citoyenne.
    Pour aller plus loin, l’ONG COEDADE vous invite à découvrir (ou redécouvrir) l’excellent documentaire de Marie-Monique Robin, « Qu’est-ce qu’on attend », que Guy Favand avait eu l’opportunité de présenter au Terra Festival.
    La transition énergétique et thermique ne viendra pas d’en haut. Elle commence sur nos toits, dans nos fermes et dans nos choix quotidiens.
    Rejoignez le mouvement de l’ONG COEDADE.
    Note aux adhérents : Les fiches techniques de recherche sur la méthanisation individuelle en milieu tropical (processus, plans de méthaniseurs expérimentaux autostokeurs à cloche) rédigées par notre vice-président sont disponibles auprès de
    l’association pour quiconque souhaite lancer son projet.

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