Les défis environnementaux du projet de l’île de canua.

Une île nomade, c’est le projet porté par deux investisseurs, mais qui pose un certain nombre de questionnements et de problèmes. Environnementaux, nuisances sonores… Comme beaucoup, le COEDADE s’interroge.

Le COEDADE fait le point sur l’île flottante, Canua Island, et ses installations, dans le golfe de la Napoule au large de Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, qui a suscité et suscite toujours un large débat à l’échelle régionale.

Ses promoteurs l’ont assuré : l’île de Canua a été construite « dans le respect de l’océan et de la nature ». Ils évoquent un « bateau bas carbone éco-conçu qui produit trois fois moins d’émission de carbone à la construction, qu’un voilier du Vendée Globe ». Les déchets seront « triés à bord » et ramenés à terre, et le bateau sera « au mouillage sur le fond sablonneux sans menacer les posidonies ». De plus, le projet devrait créer une centaine d’emplois. De quoi séduire donc ! Mais ce n’est pas si simple.

Enjeux économiques et logistiques du projet canua island.

Coté législateur, on évoque un problème lié à l’économie du projet : « La concurrence déloyale aux établissements de bains de mer qui s’acquittent d’une redevance domaniale, constituée d’une part fixe et d’une part variable, et qui sont contraints par un cahier des charges strict et exigeant alors que rien n’est prévu réglementairement pour ces installations en mer ». Ce projet, « dont personne ne nie l’intérêt potentiel pour certaines communes », pose la question du pouvoir de réguler l’activité maritime par les maires le long du littoral de leur commune au-delà de la bande des 300m, « car passé ce seuil, seul l’État est aujourd’hui décisionnaire et peut intervenir ».

Questionnée, la mairie de Cannes avait répondu qu’en l’état actuel des connaissances sur le dossier, elle ne pouvait pas se prononcer sur Canua Island, car elle attendait des éclaircissements sur le dossier.

Défis sociaux et culturels du projet de l’île de canua.

Il est vrai qu’à l’heure du tourisme durable, Canua Island peut étonner. Sorte de plage privée flottante, le projet devrait ouvrir ses portes dans les semaines à venir. Il regroupera un bar-lounge, un restaurant, une piscine d’eau douce et même une suite de 50 m². Le tout sur une plateforme de 1 750m², posée sur un trimaran et ancrée à 600 mètres du bord de mer. Un îlot de loisirs accessible uniquement par navette et qui peut accueillir 350 personnes (quid des navettes incessantes entre le littoral et cette île artificielle ?).

Aussi françaises soient-elles, toutes les innovations « bleu blanc rouge » ne font pas l’unanimité. En témoigne le projet Canua Island, une île flottante nomade qui doit voir le jour dès la fin du mois d’avril 2023. Sur ce dossier « flottant », Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’est jeté à l’eau. Il assume son « opposition totale à ce projet ».

Pour autant, le débat reste ouvert pour le COEDADE, très sensible à l’idée d’habitats flottants autonomes, en cette période de chamboulements climatiques. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Un commentaire

  1. l’habitat flottant est un passage obligé pour l’avenir suite à la montée des eaux et à l’augmentation constante de la population mondiale. Donc réfléchir et tester , avec les précautions environnementales nécessaires, est toujours mieux que de continuer à bétonner les cotes et a réduire encore plus les terres cultivables